7h30 : Réveil et petit-déjeuner. Cette fois,
on s'est même pas occupé du bus car on suppose qu'il
y en a un toutes les heures vers Téhéran.
Je vais encore faire un dernier change car le taxi à Téhéran
peut coûter un max et si on se fait un restaurant ? Donc
je pars avec mon billet de 100€ et mon passeport.
Mauricette va s'occuper des valises avec la fameuse répartition
: Sale - moitié sale et propre. Bref, un truc que je préfère
éviter sous peine de fâcheries !
Le réceptionniste m'a indiqué sur le plan la succursale
de la banque Melli qui est la seule à faire ce genre
d'opérations.
J'arrive mais c'est pas la bonne Melli ! Le guichetier a un papier
pourri qui explique aux dizaines de zigotos comme moi qu'il faut
aller ailleurs avec un plan à mémoriser en plus
!
C'est pire que Fort Boyard leur truc ...
J'essaye quand même toutes les banques que je croise mais
c'est Niet partout. Dans une agence, un client a pitié
de moi et se propose de m'amener vers la banque Melli.
Ouh la la .... c'est une moto ! Le gars est sympa et roule
doucement.
Y'a que ça qu'on avait pas testé, tiens !
Salut et merci ... sauf que c'est toujours pas la bonne. En fait
il y a une dizaine de bureaux Melli donc on t'indique la + proche
à chaque fois.
Et moi, je ne sais plus trop où j'en suis avec mon plan
vu tout à l'heure.
Je remonte une avenue tel un saumon se battant pour assurer sa
descendance. Je tourne, je demande, je marche, je transpire ...
C'est où nom de Dieu ?
Je suis maintenant dans le quartier moderne et je continue de
valider à chaque agence la direction ... et miracle, voilà
le monstre !
Un immeuble de 3 étages, c'est LA direction locale
de Melli.
Je rentre ... Waouuuuuh .... 50 personnes au moins et une dizaine
de guichets !
Faut pas charrier, je fais tâche dans le décor ...
et bien tu crois qu'un employé me demande ce que je veux
?
Que dalle, comme tous les guichetiers du monde, ils sont plongés
sous leur écran ... même s'ils n'ont rien à
faire !
J'en chope un qui a le malheur de lever la tête et il me
fait signe de passer derrière. Il m'accompagne dans un
couloir. Nous croisons des commerçants qui traînent
des sacs de 20 kg de billets au moins !
Nous entrons dans un bureau où l'employé finit de
ranger des dizaines de liasses sur son bureau.
Tu me diras : Il date de quand le dernier
hold-up en Iran ?
Allez, c'est parti pour le décompte, tu vas voir :
Un employé qui m'amène à un autre, qui lui,
me prend mon billet, me fait un reçu et m'accompagne au
1er étage.
Là, il me laisse dans un bureau où ça glande
sérieux aussi !
Les chefs sont à 3 dans un bureau à papoter. Des
secrétaires tapent sur des machines à écrire
des années 80.
Mon 3ème employé cherche maintenant des bouts de
papier carbone dans un tiroir. Il en a un vieux stock et il compare
tranquillement les bouts encore utilisables. On se croirait dans
le film Brazil.
Mine de rien, ça dure bien 10mn son histoire !
Il remplit une 2ème formulaire en 3 exemplaires puis nous
allons le faire tamponner chez le chef. C'est fini ? Ah non, maintenant
on redescend vers un guichet où il y a une dizaine de personnes.
Le gars va remettre mon papier à son collégue et
s'en va.
Mon 5ème interlocuteur retamponne les formulaires et commence
enfin à sortir des billets. Ouf !
Je repars donc avec 1.340.400 rials exactement. Cette fois,
heureusement j'ai droit à des coupures de 50.000
ce qui m'évite la liasse infernale !
Je ressors mais je ne sais plus trop où je suis et je ne
vais pas refaire mon chemin de croix à l'envers. Il me
semble reconnaître une entrée de bazar donc je vais
tenter de traverser, ça sera + court.
Comme d'hab, gauche, droite, gauche, droite ... et en demandant
la mosquée Agha Bozorg,
j'arrive enfin à l'hôtel.
Mauricette attend sur la terrasse et me demande ce que je foutais
depuis 1h00 ! Restons zen ...
Je règle ma note de 2 x 500.000 rials pour les 2
nuits et nous commandons un taxi pour la gare routière.
Ça nous coûtera 15.000 donc j'ai payé
le double en arrivant.
Les prix négociés par l'hôtel sont avantageux
et sans surprises quand on n'y connaît rien. En plus, ces
taxis privés sont en bien meilleur état que le reste.
Mauricette a chargé la valise avec toutes bouteilles d'eau
de rose dans la même et ça pèse un âne
mort maintenant.
11h00 : A la gare routière de Kashan,
tout le monde nous saute dessus en hurlant les destinations. Du
calme, les gars ! Téhéran ? Ça
part dans 10mn. Bingo ! 2 x 33.000 rials. C'est la compagnie
Iran Peymay et c'est un Volvo comme toujours.
Jus de fruit, biscuit et un film : la routine !
On fait un stop à Qom.
Plusieurs descendent et c'est la chasse aux clients. Les différents
bus se font la guerre pour charger tous ceux qui passent. Gagné,
on repart complet !
Téhéran ...
14h30 : South Terminal Tehran. Donc 2h30 de route
avec l'arrêt à Qom.
Quand on pense qu'il y a 4 terminaux de bus à Téhéran
et qu'on voit la taille de celui-ci !
C'est un petit Orly. Un grand bâtiment rond de 2 étages
et une centaine de quais avec tous les rabatteurs qui s'époumonent
en hurlant les destinations.
J'ai téléphoné ce matin à l'hôtel
Firouzeh
mais il ne savait pas s'il aurait une chambre pour ce soir. Je
dois valider maintenant.
Ouf, c'est bon. Nous nous dirigeons donc vers la guérite
des taxis jaunes, en refusant tous les autres sur notre chemin.
Comme à Ispahan, l'employé
de la guérite doit faire sa pause déjeuner et ce
sont les chauffeurs qui annoncent le tarif : 60.000 rials.
Le souci à Téhéran, c'est que tout est +
cher mais je ne sais pas où on est et où on va,
donc difficile de discuter dans le vide ... et personne ne va
baisser, tu penses !
Le pauvre chauffeur galère pour monter la valise chargée
à bloc sur la galerie. Les autres lui expliquent aussi
où se trouve l'hôtel.
C'est dans la rue Amir Kabir,
et ils connaissent tous au minimum.
Arrivés en ville, il y a un gros bouchon. Ici, pas de pause,
ça bouge tout le temps ! Au final ce n'était pas
si loin donc je pense que le prix était peut-être
surévalué.
Le réceptionniste borgne nous fait l'inspection
générale ! Contrôle du visa, des passeports.
Ah bon !
Il facture la double à 300.000 rials alors que le
site annonce 250.000.
Mauricette manque de s'évanouir quand elle inspecte la
chambre. Les rideaux n'ont pas été lavés
depuis la mort de Khomeini en 1989.
Les WC dans le couloir ne sont pas mieux lotis même si on
a une SdB privative.
Jeudi APM donc le bazar est fermé jusqu'à
Samedi. Nous allons vers la place
Khomeini dans le prolongement de la rue Amir Kabir.
15h30 : Nous trouvons un snack sur la place. 2 sandwiches
kebab et 3 boissons pour 60.000 rials.
Il fait beaucoup + chaud qu'à notre arrivée. On
est à 30° environ.
Le Musée National d'Iran n'est pas très loin même
si on n'avait pas voulu le visiter à l'arrivée car
les échos n'étaient pas encourageants.
On n'a pas envie d'aller loin avec ces embouteillages ou de se
faire arnaquer par les taxis donc on y go !
Nous passons par le ministère des
Affaires Etrangères car ça a l'air super
calme. En effet, on échappe à la circulation
infernale et au bruit de la rue.
Entrée : 5.000 rials.
Le musée islamique, couplé pour le même
prix est fermé par contre. C'était déjà
ainsi en 2008 selon d'autres voyageurs.
Le bâtiment est grand mais l'exposition est seulement sur
le RdC et sans mentir c'est 100m sur 200m avec un patio central.
On va faire le tour en 30mn quoi !
Sur le socle d'une statue, j'ai bien aimé
cet hommage au soutien-gorge Wonderbra.
Faudra attendre 2 millénaires désolé
!
Ces tablettes d'écritures sont pour
la plupart des copies dont les originaux sont au Louvre
ou au British Museum.
Voici la photo grand format des musées
de Téhéran.
Ainsi tu y retrouves les noms, adresses et horaires d'ouverture.
Ne dit pas Merci !
Bref, les moulages de Persépolis,
on a vu les originaux. La partie préhistorique présente
les mêmes lampes à huile et pointes de flèches
que partout dans le monde.
Les + belles pièces de Suse,
en briques vernissées sont aussi à l'étranger.
La France ayant d'ailleurs beaucoup travaillé sur ce site.
Le Louvre présente une + belle collection.
Les panneaux accrochés au mur sont de simples cadres en bois
dont la peinture déborde sur les murs. Les vitres ne sont
pas anti-refllets donc c'est même difficile de bien en profiter.
L'Iran ferait bien de faire un effort sur ses trésors. C'est
dommage !
Non, on n'a pas envie de d'aller loin et il y a un parc de
l'autre côté de l'avenue. Et
si on allait prendre un thé ?
Les gens commencent à arriver en cette
fin de journée.
C'est calme, frais et ça glougloute !
Un papy sur son banc nous offre des
bonbons avec " Vive la France !
".
Comme l'indique le LP, il y a une maison de thé au centre
du parc Shahr.
La Sofre Khane Sonnati Sangalag bénéficie
d'une terrasse bien agréable effectivement.
Nous commandons donc 2 thés servis, comme souvent,
avec 2 biscuits chacun.
Quand tu es avec une femme, tu ne
peux échapper au regard Laser.
Elle te font le bilan complet de l'endroit en 30 secondes alors
que toi, tu t'allonges nonchalamment en ne pensant à rien
... Notre force !
Ensuite tu regardes et c'est vrai, tout est sale.
Le tapis avec des miettes variées, le serveur dont les fringues
sont douteux, les patrons assis à côté ( faut
voir les chaussettes des mecs ) et pour finir la vaisselle.
Mauricette est même sûr qu'elle a vu des aiguilles de
seringues sous les banquettes !
Bon, c'est tranquille et on n'a rien de prévu dans l'heure.
Nous prenons également 2 sodas en plus car il fait soif.
Au final : 100.000 rials. Ben dis donc ! Le LP parle de tarifs
"un brin exagérés"
... là c'est le pompon !
Je ne discute même plus. Je te conseille quand même
de demander le prix avant, ça évitera ou validera
ces prix exorbitants.
Nous continuons notre promenade et alors
que nous observons un jeune couple, dont le garçon
prépare un luth, ils nous invitent à s'approcher.
Nous avons droit à une chanson kurde traditionnelle
Salut et nous allons vers le "lac".
On va dire la grosse flaque avec des pédalos fatigués
!
Allez, on se finit comment ?
19h00 : Et si on allait dans une rue branchée ?
Je vois bien qu'on parle de l'avenue Valiasr.
On peut s'en approcher par la station de métroMosalla vers le Nord et en
plus, il y a une grande mosquée en construction.
Le guide date de 2005 donc ça doit être fini
? Allez banco ...
Nous prenons donc 2 AR ( 2 x 2.750 rials ) à la
station de la place Imam Khomeini.
C'est le début du week-end car les rames arrivent toutes
les 10mn seulement. Mais il y a beaucoup de monde.
Les wagons sont mixtes et un jeune se lève même pour
laisser sa place à Mauricette. La galanterie existe aussi
en Iran.
Station Mosalla. Il y a une
dizaine de taxis communs et tout le monde grimpent dedans selon
les destinations. Sans doute pour aller dans des quartiers non
desservis ... et on retrouve tous seuls !
Alors pour planter le décor : A gauche, un grillage
entourant la fameuse mosquée et à droite,
une voie rapide à 4 voies infranchissable !
J'adore Téhéran ! Il fait nuit, on ne sait par où
aller et si c'est loin.
On se regarde. OK ? Allez on rentre.
Retour sur la place Khomeini. Notre snack de midi est fermé
et un autre nous inspire une confiance mitigée, on va dire
!
Comme d'hab, on prend des fruits, biscuits, à boire et
on rentre à l'hôtel.
Super pique-nique en perspective.
Nous avons validé un taxi pour demain à 5h00 et
on récupère les passeports pour être sûr
de rien oublier dans l'urgence.
Pas de cafards en vue, c'est déjà ça !
Vendredi 22 et départ ...
Réveil 4h30. Et à 5h00 pétantes, le
chauffeur est bien là !
Une angoisse de moins déjà.
Il est jeune et sa Peykan est encore assez jeune. Y'a surtout
une installation stéréo dernier cri et on a le droit
à de la techno iranienne à fond.
Au fur et à mesure qu'on avance, il monte le son et je
lui demande de baisser d'un ton car j'aimerais bien entendre arriver
la mort !
Il faut dire qu'on fait cracher les carbus de bon matin. Les rues
sont désertes et on se rejoue les 24h du Mans en
amateur.
Tous les feux y passent quelque soit la couleur. A chaque croisement,
on se dit qu'il y aura le même barjot avec les mêmes
touristes serrant les fesses.
Les virages à fond et nous sommes presque rassurés
quand nous arrivons sur l'autoroute ... sauf que Môssieur
est susceptible et ne supporte pas qu'on le double.
A chaque fois, il remet les gaz pour dépasser l'insolent.
Un teigneux !
Alors que le moteur menace de passer à travers le capot,
nous voyons enfin les lumières de l'aéroport Khomeini
( IKA ). Ben,
oui, tout s'appelle Khomeini en Iran !
Tarif négocié par l'hôtel : 160.000
rials donc un bon prix.
Ça nous a pris à peine 30mn. Un 1er contrôle
des bagages avant de rentrer et il y a déjà beaucoup
de monde.
Nous enregistrons en 5mn chrono. Les groupes de l'aller sont tous
là.
Tout le monde a fait ses 15 jours quoi !
Une fois passé le contrôle des passeports, on a ce
sentiment un peu bizarre : Ouf, il ne
peut plus rien nous arriver !
C'est particulier à l'Iran où même après
un séjour sans embûches, tu restes sur le qui-vive
si jamais un employé un peu + zélé venait
te chercher des embrouilles.
On peut profiter d'un petit-déjeuner bien mérité
avec café + gâteaux (55.000 rials ). Je change
en 3mn mon reste de rials ( 63€ )
7h45 : Décollage. Toutes les européennes
ont enlevé le foulard dès qu'elles sont entrées
dans l'avion. Les iraniennes attendront 1 ou 2h00 ou seulement
à l'arrivée. 11h30 : Arrivée à Orly Sud avec 6h00
de trajet et 2h30 de décalage en moins.