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"Mégapole fantasque" ... "Electrochoc"
... " Energie" ... " La ville qui ne
dort jamais .." etc ....
On retrouve souvent ces mêmes qualificatifs, un peu tarte
à la crème, pour définir New York. La réalité
est toute autre !
Déjà, NY n'est pas Manhattan,
un des 5 "boroughs" ou districts.
Depuis 1898 avec Brooklyn,
le Queens, le Bronx
et Staten Island, c'est le nouveau
périmètre de la ville. Et il y a autant de différences
entre ces quartiers qu'entre Paris, Quimper ou Nice !!
Même si on se limite à l'île de Manhattan,
tu passeras de Times Square ou Wall
Street étincelants et bruyants à Greenwich
Village, quartier résidentiel avec ses arbres, ses
squares et ses petites maisons de briques.
De la même façon, les différentes ethnies
vivent chacune dans leur coin, recréant leurs traditions,
célébrant leurs fêtes sans jamais se mélanger.
Pour en revenir à cette "électricité"
ambiante, je dois avouer que nous n'aurons pas vibré
comme tous ces journalistes si enthousiastes ...
On se sent presque honteux de n'avoir pas perçu toute cette
énergie dans nos petits corps fatigués !!!!
Par contre, tu seras impressionné par la densité
des gratte-ciels, surpris par cette juxtaposition de rues si différentes,
riches ou délabrées, agitées ou popotes ...
On reste aussi ébahi par la mainmise permanente de l'argent
!
Si cela reste une caractéristique des USA, ici elle atteint
son paroxysme. Toute l'histoire de NY va en dépendre et
sera le fil conducteur permanent, de sa fondation à aujourd'hui
( cf Archi
- Histoire ).
Bien que les états d'esprit soient en train de changer,
on n'a jamais hésité à raser des "monuments"
que l'on qualifierait maintenant d'historiques, pour construire
+ haut et + rentable .
Des chantiers, des échafaudages ou des rues à l'abandon,
de nouveaux quartiers à la mode tous les 6 mois ....
Cette ville se régénère constamment, évolue
et s'adapte en permanence !
C'est cette image que nous garderons de NY, celle d'une vaste entreprise
qui doit faire des bénéfices et défendre
ses parts de marché et ses actionnaires-résidents.
Il est là l' Extraordinaire
.... Pour nous autres Européens, on nage en pleine science-fiction
lorsqu'au lendemain des attentats, Rudolph Giuliani, son
maire, lance un appel aux américains pour leur demander de
venir ici dépenser leur argent ou aux new-yorkais
de sortir, d'aller au restaurant, etc ...
Qu'on se s'y trompe pas, il ne s'agissait pas de faire front contre
la sinistrose qui s'instaurait, en tout cas pas seulement .
Dès le lendemain du 11 Septembre, alors que les entreprises
s'enfuyaient au New Jersey pour déménager
leurs bureaux, la ville déléguera aussitôt des
dizaines de fonctionnaires chargés de trouver des solutions
de remplacement pour conserver ces bureaux, source indispensable
de revenus.
La réouverture de Wall Street
sera fêtée comme un événement historique
et le signe évident que la ville revivait !
Tu imagines ça si c'était Paris
qui avait été attaquée !!!!
NY qui a déjà connu une faillite en 1970,
peut très bien laisser des pans entiers de ses infrastructures
à l'abandon ou gérer ses déchets avec de vieilles
poubelles cabossées qui traînent sur les trottoirs
.
- Si Rockfeller n'avait pas, au dernier moment, fait don
d'un terrain pour l'installation de l'ONU,
la ville n'aurait eu aucun regret de voir cette institution "improductive"
aller s'installer ailleurs .
- Lorsque la France offre la Statue
de la Liberté, il faudra l'intervention d'intellectuels
pour lancer une souscription privée afin de construire
la piédestal. Pullitzer devra
même monter au créneau pour relancer les dons et réunir
la somme nécessaire .
La ville qui laisse un îlot isolé n'a pas du tout l'intention
de mettre 1$ dans l'histoire !!!
- Idem pour la réfection de cette même statue
dans les années 80, un comité est chargé de
récolter des fonds pour ce financement.
Il faudra encore l'intervention de privés pour qu'on
empêche la ville de faire sponsoriser ces travaux par
des sociétés, en l'échange de l'utilisation
de cette image !
Les américains estimèrent, à juste titre,
que ce symbole national ne pouvait pas être monnayé
comme un vulgaire match de base-ball ...
De déceptions en surprises, d'étonnements en agacements,
nous allons passer 6 jours et 6 nuits dans ce qui ne ressemble
à rien dans le monde.
Si New York City n'est pas l'Europe,
elle n'est pas non plus représentative des Etats-Unis.
Plus de 15 millions d'européens seront passés par
Ellis Island,
la richesse du port et le commerce ont toujours été
tournés vers l'Europe.
C'est aussi une des rares villes américaines où l'on
peut se promener dans une partie de son histoire.
Une sorte de principauté indépendante avec
ses lois, ses règles, sa manière de vivre et sa logique
implacable.
Même si je veux démystifier quelques lieux communs,
remettre à sa juste place des superlatifs utilisés
à tort et à travers, New York reste un aimant
incroyable et un lieu hors du commun.
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